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Jusqu’où les abeilles vont-elles chercher leur nectar ?

Alexandra PERRET
1 août
3 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 août


Autour de la ruche, les abeilles disposent d’un immense territoire de prospection.

Elles butinent souvent dans un rayon moyen d’environ 1 à 2 kilomètres, lorsque les ressources sont suffisantes. Mais elles peuvent parcourir plusieurs kilomètres et exploiter des ressources situées jusqu’à environ 6 kilomètres, parfois davantage dans des conditions particulières.

Ces longs déplacements leur demandent cependant beaucoup d’énergie : à qualité égale, une ressource proche est généralement plus rentable.


Vue en gros plan d'une ruche en bois dans un jardin
Où les abeilles vont-elles chercher leur nectar ?

Pourquoi choisissent-elles certaines fleurs plutôt que d’autres ?


Les abeilles ne choisissent pas seulement une espèce en fonction de sa couleur. Elles évaluent en quelque sorte le rapport entre la récompense et l’effort nécessaire.

  • Une fleur sera particulièrement intéressante si elle offre :

    • un nectar abondant et suffisamment riche en sucres ;

    • une grande quantité de fleurs regroupées au même endroit ;

    • une ressource facile et rapide à prélever ;

    • une floraison disponible au bon moment ;

    • une distance raisonnable par rapport à la ruche ;

    • une météo favorable au vol et à la production de nectar.

    La concentration en sucre du nectar joue un rôle majeur, mais la rentabilité globale dépend aussi du temps de trajet, du temps passé sur chaque fleur et de l’abondance de la ressource.


Une fleur isolée ou un champ entier ?


Une très belle fleur isolée peut être moins intéressante qu’un arbre, une haie ou une prairie offrant des milliers de fleurs simultanément.

Les abeilles domestiques sont particulièrement efficaces pour exploiter les floraisons abondantes. Lorsqu’une éclaireuse découvre une ressource rentable, elle revient à la ruche et peut indiquer aux autres butineuses sa direction et sa distance grâce à la célèbre danse frétillante.

La colonie peut ainsi concentrer rapidement une partie de ses butineuses sur un tilleul, une prairie, une floraison de ronce ou une grande parcelle fleurie située à plusieurs kilomètres.


Pourquoi semblent-elles délaisser certaines fleurs ?


Une plante peut être fleurie sans être très attractive à cet instant.

La production de nectar varie selon :

  • l’espèce et la variété de la plante ;

  • l’heure de la journée ;

  • la température ;

  • l’humidité du sol et de l’air ;

  • les pluies récentes ;

  • le vent ;

  • l’âge de la fleur ;

  • la présence d’autres butineurs ayant déjà prélevé la ressource.

Certaines fleurs sont également moins accessibles à la morphologie de l’abeille domestique. Une corolle profonde ou complexe peut demander davantage de temps, alors qu’une fleur ouverte permet un prélèvement très rapide.


Nectar et pollen : deux récoltes différentes


Les abeilles ne vont pas toujours sur les mêmes fleurs selon ce qu’elles recherchent.

Le nectar apporte surtout des sucres, donc de l’énergie. Il sera transformé en miel.

Le pollen apporte notamment des protéines, des lipides, des vitamines et des minéraux indispensables à l’élevage du couvain.

Une plante peut être très intéressante pour son nectar mais moins pour son pollen, ou l’inverse. La colonie adapte donc ses choix à ses besoins et peut répartir ses butineuses entre plusieurs ressources. Les recherches montrent que l’effort collectif de butinage peut évoluer pour contribuer à l’équilibre nutritionnel de la colonie.


Et si une meilleure ressource apparaît ?


Les abeilles apprennent les couleurs, les odeurs, les formes et l’emplacement des fleurs rentables. Elles peuvent rester fidèles à une espèce durant une sortie de butinage : c’est ce que l’on appelle la constance florale.

Mais cette fidélité n’est pas définitive. Si une nouvelle floraison devient plus abondante ou plus rentable, les éclaireuses la découvrent, puis recrutent progressivement d’autres butineuses.

C’est pourquoi la composition d’un miel peut changer au cours de la saison, parfois même entre deux récoltes réalisées sur le même rucher.


Un même rucher ne produit pas nécessairement le même miel toute l’année : tout dépend des floraisons disponibles au moment précis où les abeilles récoltent.

À retenir


Les abeilles cherchent à optimiser leur récolte. Elles mettent en balance :

la distance parcourue + l’énergie dépensée + le temps nécessaire + la quantité et la qualité de la ressource.

Elles peuvent donc ignorer les fleurs placées juste devant la ruche et partir plus loin vers une floraison beaucoup plus abondante ou plus riche.


À travers chaque pot de miel, on retrouve ainsi une partie du paysage exploré par les abeilles, mais aussi la saison, la météo et le moment de la récolte.

Savez-vous quelles sont les grandes floraisons autour de chez vous ?


 
 
 

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